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Vie du SNES

Action : Renvoi à l'envoyeur

CDEN DU 4 SEPTEMBRE 2008 :
la déclaration du SNES-FSU et du SNEP-FSU

M. le Préfet,

Lors de sa conférence de presse de rentrée,
fort de son introduction dans le cercle rapproché des 7 meilleurs courtisans du président, Xavier Darcos n'a pas lésiné sur les provocations, approximations ou mensonges.

Aux élus locaux qui s'inquiètent des modalités de mise en place des 2 heures d'aide personnalisée en primaire, il a lancé un élégant "Débrouillez-vous !".
Aux dizaines de milliers de collègues qui se sont mobilisé(e)s contre les suppressions de postes l'an dernier (11200, et 13500 prévues pour 2009) et qui en ressentent dès aujourd’hui les conséquences pratiques dans leurs classes, il assène : "Nous aurons un meilleur taux d’encadrement que la rentrée précédente." !

En guise de rattrapage du pouvoir d'achat -même si la règle de 3 n'est pas son fort, notre ministre a saisi qu'avec 0,8% d'augmentation en 2008 pour une inflation prévue à 3,6%, le compte n'y était pas !
M Darcos demande aux enseignants de travailler plus..., annonce une prime annuelle de 500€ aux collègues qui effectueraient au moins 3 heures supplémentaires, et affirme « Un professeur certifié qui accepterait trois heures supplémentaires verra son salaire annuel augmenter de 4.400 euros. Pour les salariés de ce pays, j’aimerais savoir si 4.400 euros c’est une mesurette », preuve que les additions simples posent déjà problème au ministre (la réalité c'est 1000€ de moins qu'annoncé, au bas mot). Et aussi détestable soit cette prime, qui fait passer ses bénéficiaires pour des auxiliaires
de la politique gouvernementale, elle ne règle pas le problème de fond de perte de pouvoir d'achat de la profession, obligeant certains collègues à accepter une forme de revenu modulable et précaire.


En conclusion, tout en nuances pour un ancien professeur de lettres classiques : "la rentrée se passera tout à fait normalement et les syndicalistes défileront pour rien."

Dans les établissements du Gard, le discours ministériel n'y changera rien : les conditions de travail des professeurs et des élèves seront à nouveau dégradées à cette rentrée, avec des effectifs par classe en hausse, des options supprimées, une diminution des séances en groupes allégés, etc.


La "nouveauté" est l'augmentation sensible du taux d'HSA dans les dotations des collèges et lycées, répercussion directe de la transformation de 3500 postes en heures supplémentaires au niveau national. En pratique, le refus de l'augmentation des heures supplémentaires ayant été organisé dans de nombreux établissements et poursuivi à la rentrée, à ce jour des classes ne sont pas couvertes dans certaines disciplines.
M. l'Inspecteur d'Académie, alerté sur cette situation lors du groupe de travail de juillet, nous avait courageusement répondu que "les enseignants prendraient leurs responsabilités", selon la méthode désormais commune de rendre les enseignants responsables des conséquences de la politique gouvernementale en terme d'éducation !

Responsables, les enseignants le sont quand ils considèrent que l’augmentation des heures supplémentaires ne peut se faire sans une dégradation de l’enseignement dispensé aux élèves.
Responsable, l’administration l’est moins quand, par le biais des chefs d’établissement, elle utilise la pression, l’intimidation, voire le chantage sur ses personnels pour « placer » les heures supplémentaires qu’ils refusent.
Responsable, l’administration, quand la gestion comptable la conduit à morceler de plus en plus de services des enseignants, en particulier pour les titulaires remplaçants ?
Responsable, le ministère, qui s’entête à poursuivre l’assouplissement de la carte scolaire alors que, dans notre département, cela entraîne, sans surprise, la ghettoïsation encore plus grande de certains collèges ?

Vous l’aurez noté, M. le Préfet, notre propos n’est pas spécifiquement tourné vers les aspects techniques de cette rentrée.

Le SNES, le SNEP, avec la FSU,
tiennent à nouveau à vous alerter de façon très sérieuse, ainsi que tous les membres du CDEN, sur les dégats que la politique d’éducation actuelle produit sur la jeunesse de notre pays. C’est l’ensemble du
système éducatif de la maternelle à l’université qui est touché et notamment la capacité du service public à lutter contre les inégalités et faire reculer l’échec scolaire. Les conséquences en seront dramatiques pour les enfants issus des milieux les plus défavorisés.


Cette responsabilité, c’est le gouvernement actuel qui la porte, et non les enseignants qui se battent au quotidien pour leurs élèves.